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SALON-de-Provence est-elle une ville cyclable?

•   mardi 10/04/2018 à 13h28 Par Simon Jousset
•   | Salon-de-Provence


Salon-de-Provence est-elle une ville cyclable?
Une enquête a été menée fin 2017 pour mesurer le ressenti des cyclistes salonais. Les résultats viennent d'être rendus publics : Salon a obtenu la note E sur une échelle allant de A+ à G concernant son "climat vélo".


Les résultats de la première édition du Baromètre des villes cyclables sont tombés. Pendant trois
mois, de septembre à novembre 2017, les usagers de la petite reine étaient invités à répondre à une
enquête en ligne sur la "cyclabilité" de leur ville. A Salon, 144 répondants ont participé. La ville
s'est vue attribuer la note E (la meilleure note étant A +, la moins bonne G), ce qui fait d'elle une
commune où le "climat du vélo" est "plutôt défavorable". Un résultat médiocre, donc, mais qu'il convient de comparer aux résultats nationaux, où l'on remarque que les mauvais élèves sont
nombreux. Ainsi ont été classées en note E, 30 % des villes sondées (voir aussi le graphique ci-
contre).

Autre information qui ressort de cette étude, seulement 21 villes françaises sur les 316 classées (6
%) ont obtenu une note supérieure à la moyenne. À une échelle plus locale, la région Paca se
distingue, hélas, par des résultats particulièrement mauvais par comparaison à la plupart des autres
régions françaises.

Quant à Salon, la ville obtient la même note qu'Avignon, La Ciotat, Digne ou
encore Gap. Fait mieux qu'Arles, Aix, Martigues ou Marseille, mais moins bien que Cagnes-sur-
Mer. Bref, la région a encore de gros efforts à faire pour la "cyclabilité" de ses villes, et Salon aussi.
Et aussi Marseille bonnet d'âne des villes cyclables, l'enfer des vélos au quotidien


Parmi les points faibles soulevés par les cyclistes salonais, la difficulté de louer un vélo. Ainsi, à la
question "louer un vélo pour quelques heures ou pour plusieurs mois est facile", les répondants ont
mis la note d'1,6 (sur 6). À "pour les enfants et les personnes âgées, circuler à vélo dans ma ville est
sûr", les sondés ont mis la note 1,8. "Je peux rejoindre à vélo en sécurité les communes voisines",
récolte la note de 2,1, "traverser un carrefour ou un rond-point n'est pas dangereux" la note de 2,2,
ou encore à "en général, quand je circule à vélo dans ma ville je me sens en sécurité", les personnes
interrogées ont en moyenne attribué la note de 2,7. Au final, Salon est en dessous de la moyenne
nationale sur 17 critères.


Tout n'est cependant pas négatif, et sur quelques points, Salon fait mieux qu'au niveau national.
Trois pour être précis : "les rues en sens unique sont ouvertes à double sens pour les vélos" obtient
la note de 4,4 (+ 1,5 % par rapport à la moyenne nationale), la note de 4 est attribuée à "trouver un
magasin/atelier de réparation vélo est facile", et enfin à "les conflits entre les cyclistes et les piétons
sont rares", les répondants ont mis la note de 3,9.
•   144 personnes ont contribué. L’enquête Baromètre des villes cyclables était accessible en
ligne sur www.parlons-velo.fr pendant trois mois (de septembre à novembre 2017). Plus de
113 000 contributions ont été enregistrées mais uniquement les communes ayant récolté un
minimum de 50 réponses ont pu être classées. Au total 316 communes sont représentées
dans ce classement. Pour chacune des 26 questions, les répondants avaient la possibilité
d’attribuer une note sur une échelle de 1 (négatif) à 6 (positif). Une note globale sur 6 a été
calculée pour chaque ville selon la moyenne des 26 questions dans les cinq catégories. Les
notes sont ensuite classées sur une échelle de A + à G. Les résultats sur www.parlons-velo.fr


"Les voitures ne favorisent pas le 'climat vélo' dans une ville"
Questions à Gil Doat
L'Aprovel, l'Association pour la promotion du vélo en pays salonais, compte 120 membres. Elle a
été créée en 1987. Gil Doat en est le président.


Que pensez-vous des résultats du Baromètre du vélo ?
Gil Doat : "On savait que dans le sud de la France, la politique liée au vélo n'est pas développée. Et
les chiffres de l'enquête le confirment. Quant à Salon, les résultats sont moyens, voire pas terribles. Le vélo représente seulement 2 à 3 % des déplacements. Après, si on les compare à ceux des autres
villes de la région, Salon ne fait pas partie des moins bons élèves. Mais on est loin, très loin des
villes comme Strasbourg ou la Rochelle, qui ont su très tôt mettre au coeur de leur développement
les transports en commun et les modes doux.
Oui mais ce sont des villes qui ont davantage de moyens pour construire un tramway par
exemple...
Gil Doat : Dans le baromètre, on note qu'il y a des villes de 45 000 habitants qui ont de bonnes
notes. La Municipalité a des leviers qu'elle pourrait actionner pour améliorer la cyclabilité.
Quels sont-ils ?
Gil Doat : Tout d'abord, qui dit trop de voitures dit inconfort pour les usagers du vélo. En effet, les
voitures ne favorisent pas le "climat vélo" dans une ville. La Ville de Salon pourrait alors augmenter
la fréquence des navettes gratuites qui relient la gare au centre-ville. Ceci aurait pour effet d'inciter
les gens à utiliser le pôle d'échanges multimodal, notamment ceux qui vivent à l'extérieur de Salon.
La Municipalité devrait davantage communiquer sur ces navettes pour expliquer aux potentiels
usagers qu'elles existent. Nous pensons aussi que la politique de stationnement menée à Salon ne va
pas dans le bon sens. L'équipe municipale multiplie les poches de parking en centre-ville, ce qui a
pour effet de faire venir les voitures en cœur de ville. Et puis beaucoup d'automobilistes traversent
Salon pour relier deux points situés à l'extérieur du centre-ville. Il faudrait trouver des solutions
pour qu'ils contournent le cœur de ville. Enfin, il faut développer les zones 30 et les zones de
rencontre, ce qui permet d'apaiser la circulation des voitures et donc de favoriser les déplacements à
pied ou à vélo".


"En 2017, plus de 117 000 euros ont été dédiés au vélo"
questions à Jean-Pierre Caruso
Jean-Pierre Caruso est conseiller municipal délégué notamment aux transports et à la voirie.
Salon, nous mettons 50 000 € par an pour améliorer la cyclabilité. Avec, l'an dernier, un effort
particulier, puisque plus de 117 000 € ont permis d'entretenir les pistes cyclables, en construire de
nouvelles, faire des zones 30. Mais il faut savoir qu'en coeur de ville, il y a très peu d'espace. Créer
des pistes cyclables à double sens est quasiment impossible, alors sur les voies à sens unique nous
mettons en place, à chaque fois, une voie réservée aux vélos en sens inverse, sauf lorsque c'est trop
dangereux. L'enquête montre que les cyclistes salonais éprouvent de la difficulté pour louer un vélo.
C'est vrai que nous n'avons pas de système de location en libre-service, mais cela ne marcherait
pas dans une ville de la taille de Salon".


"Concernant les poches de stationnement en centre-ville, oui, c'est vrai, nous en créons, mais c'est
aussi parce qu'il y a du stationnement en ville que Salon a su garder ses commerces de proximité.
Preuve que nous essayons de faire évoluer la cyclabilité, nous avons le projet de créer, avec
Eyguières et Pélissanne, une voie cyclable qui permettrait de relier ces villes à Salon. On avance
doucement. Enfin, nous essayons, dans la mesure du possible, de créer des zones 30 ou des zones
de rencontre. Là encore, ce n'est pas possible d'en mettre partout. Mais nous en avons fait à divers
endroits de la ville et d'autres sont en projet."

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